AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
connexioninscription
Elemental Skin



De nouvelles couleurs ▬ ft. Krim



    Partagez
    avatar
    De nouvelles couleurs ▬ ft. Krim > le Mer 13 Juin 2018, 20:16
    Oublié ▬ Terre et Feu
    Oublié ▬ Terre et Feu
    Messages : 63
    Particules : 79

    Fiche personnage
    Crédit avatar: Satsuki Shishio ▬ Hirunaka no Ryuusei
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Fleuriste
    L'heure de la pause arrivait. Cóemgen le savait parce que la file d'attente de la boulangerie située à quelques mètres sur la droite, en face de son magasin, commençait à déborder sur le trottoir. Dans cette rue bordée de quelques commerces comme le sien, nombreux étaient les artisans ou les vendeurs qui venait s'acheter quelque chose à manger sur le pouce. Lui-même faisait cela très souvent, grignotant un sandwich à son comptoir pour ne pas rater un seul client. En réalité, il faisait surtout cela car il ne savait pas cuisiner - vraiment pas. Il n'avait jamais appris et ne pouvait pas apprendre. Ce n'était pas par fainéantise : s'il pouvait vraiment cuisiner, il le ferait au lieu de se nourrir mal et peu, se faisant livrer ou composant une maigre salade. Malheureusement, le brun prenait peur dès qu'il sentait une chaleur trop importante approcher sa peau, aussi il craignait les plaques, les fours, même les micro-ondes. Ce handicap expliquait la sympathie qu'il éprouvait pour les deux boulangères d'en face : il était leur client le plus régulier.

    Ce jour-là allait faire exception cependant : Cóemgen n'avait absolument pas faim. Il ne s'inquiétait pas outre mesure mais il admettait que depuis plusieurs mois maintenant, son alimentation était troublée. Il avait souvent des maux d'estomac. Cela ne l'étonnait pas tant que ça, vu ce qu'il mangeait - et ce qu'il buvait. Il faudra cependant bien y faire quelque chose.

    Pour l'heure, au lieu de rester simplement travailler sans prendre de pause comme cela pouvait lui arriver, il rabattit l'écran de son petit ordinateur portable et le planqua sous son comptoir. Le fleuriste avait passé la totalité de la matinée à régler ces histoires de comptabilité, il était en retard. Ce labeur l'avait harassé, il avait les yeux irrités et les jambes engourdies à force de rester fiché là à lire des lignes de tableur. Personne ne lui en voudrait s'il prenait une pause cette fois-ci, même un mercredi. Il ferma donc sa boutique, descendit la rue en tournant le dos à la boulangère.

    Il allait rarement au delà de sa boutique, puisque le centre ville était dans la direction opposée. Les seules fois où il y était allé, c'était pour jeter un œil au terrain qui lui faisait envie : une minuscule parcelle toujours ensoleillée. Il rêvait de pouvoir y développer une culture plus importante que son maigre jardin et, peut-être, devenir indépendant et ne plus avoir besoin de chercher ses fleurs chez des fournisseurs. Mais le rêve était bien loin, tout comme le second appartement qu'il rêvait d'acheter. Cóemgen, sans raison, projetait des plans immobiliers et fonciers alors qu'il était loin d'en avoir les moyens.

    C'était donc la première fois qu'il s'arrêtait devant les vitrines des commerces de la rue, et celle qui attira particulièrement son attention était pleine de couleurs. Les couleurs sobres et extrêmement classes, d'une série d’œuvres d'art dans leur environnement naturel. Le brun ne s'y connaissait pas spécialement en art mais il savait apprécier les belles choses, alors il décida de reposer ses yeux en contemplant deux ou trois œuvres. Il salua le jeune homme se trouvant à l'accueil et, curieux mais poli, s'adressa à lui avant toute chose.

    - Bonjour, je souhaiterais jeter un coup d’œil aux œuvres. Est-ce ouvert au public ?

    L'endroit pouvait toujours être ouvert en préparation d'un événement spécial et non accessible au public. Il souriait, certain d'avoir l'air assez honnête pour s'approcher des tableaux et des sculptures. De toute façon Cóemgen était assez élégamment habillé, il avait retiré son tablier et portait une chemise blanche impeccable : il avait l'air dans son élément.
    avatar
    Re: De nouvelles couleurs ▬ ft. Krim > le Sam 16 Juin 2018, 13:44
    Elemental Sin ▬ Feu
    Elemental Sin ▬ Feu
    Messages : 120
    Particules : 71

    Fiche personnage
    Crédit avatar: OC ▬ Boychaa
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Photographe pour une galerie d'art






    Il fallait bien l’avouer, cette journée commençait par être totalement improductive. Comme son boulot. Comme ses pensées chaotiques. Comme sa vie. Arrivé avec deux heures de retard, il lui avait déjà fallu encaisser les foudres du patron. Non pas qu’il ne se soit pas réveillé non. Krim ne dort pas. Presque pas. À observer la lune et attendre le soleil. À fixer le temps qui défile pour s’apercevoir que ses insomnies devenaient de plus en plus fréquentes. Ennui mortel à souhaiter que les heures passent plus vite. Rattrapent le jour pour éclipser la nuit. Une patience qui n’existe pas. Et pour accélérer le temps, quoi de mieux que les bars. Pour boire et oublier, essayer de s’endormir sous les ravages d’une bouteille. Et cette nuit n’avait pas fait exception. Alors à vrai dire la fureur de son patron il la comprenait. Un peu. Il avait vraiment une sale gueule.
    S’en même avoir pris le temps de se changer, le danois portait ses vêtements comme un vestige des débauches de la nuit. Indécision quant à la tâche qui ornait son t-shirt bleu marine. Sang ou ketchup ? Il préférait ne pas le savoir. Tout comme l’état de ses cheveux, qui de toute façon ne semblaient jamais vouloir tenir en place.

    Mais il n’était pas fatigué. Là, à tenir l’accueil pour un monde qui ne venait pas. Cherchant à s’activer, donner vie au feu qui toujours, semblait vouloir le consumer. Pile électrique forcée de rester ancrer. Enchaîné par les regards noirs du big boss qui paraissait s’attendre à ce que le blond s’acquitte de ses heures perdues. Avant de finalement s’en retourner bosser dans l’arrière boutique, laissant son protégé seul entre les mains de l’ennui.
    Soupir. Une pause, il n’allait certainement pas en avoir. Son paquet de cigarette le démangeait, niché au fond de sa poche. Appel de la nicotine face auquel tout homme finit par succomber. Bouffée de chaleur à consommer, se motiver pour la journée.
    Plus tard. Soucieux de bien faire, ne serait-ce que pour une heure ou deux. Peut-être moins. Conscient de vouloir le mieux sans jamais y parvenir. D’ordinaire acharnement de quelques secondes pour finir dans l’oubli. Plus tard.

    Observer les registres sans les voir. Fixer les lignes sans pourtant les comprendre. Quel ennui mortel que de devoir classer tout ça. Punition au goût de défaite. La prochaine fois, il serait à l’heure. Ne lui restait qu’à tourner sur sa chaise roulante, lui qui ne supporte pas l’inactivité. Photographier la forêt, la mer et les passants. Immortaliser la vie, la mort et ce qui pouvait bien rester du monde. Voilà à quoi il aurait du passer sa journée. Plutôt que de travailler. Sachant pourtant pertinemment que sans ce boulot, il ne survivrait pas bien longtemps. Alors il reste, bosse et soupire.

    Un client. Le tintement de la porte lui fait lever la tête. Espoir d’une distraction. Maigre gamin le saluant poliment. Avec ses fringues propres et repassées, il passait bien plus pour l’employé d’une réputée galerie d’art que Krim lui-même. Quelle blague.
    Il se força néanmoins à sourire. Le boulot, c’était le boulot.

    « Bonjour. Bien sûr que c’est possible, et t'as même de la chance : j’peux moi-même te faire visiter ! »

    Cette phrase n'était-elle pas totalement peu professionnelle ?
    Mais tout plutôt que de rester sur cette chaise. Tout plutôt que de relire en long et en large les mêmes pages sans jamais les intégrer. Il lui fallait du mouvement. Il lui fallait des aventures. Il lui fallait faire visiter cette galerie qu’il connaissait comme sa poche pour espérer échapper aux ennuyeuses obligations de la paperasse.
    Se levant pour aller à la rencontre du nouveau venu et faisant fi de la différence de taille -il grognerait plus tard- le blond finit par se présenter.

    « Appelle-moi Krim. Par quoi veux-tu commencer ? »

    Entre photographies, peintures et sculptures, il avait le choix. Bien que les premières soient sans conteste son domaine de prédilection.