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Elemental Skin



Dis moi oui, mais non. — PV.



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    Dis moi oui, mais non. — PV. > le Mer 27 Juin 2018, 11:16
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    Tout pas tout dit, ode à la vie, la mort compose, la nuit se couche les yeux rougis l'aube est morose, oh bateau ivre et joie de vivre me fait défaut.

    À l'arrière des vastes vitraux, l'aquarelle imbibe le ciel. Les nuances poudrées chevauchent la voûte, inondant l'Ecosse d'un crépuscule caméléon. Tes jambes croisées sous un bureau, tes doigts enlaçant l'angle de ton menton, tu écoutes les aiguilles monocordes. Le temps semble suspendu à une tête d'épingle, et camouflée derrière des dossiers épars, tu attends d'envoyer valser tes responsabilités. Le lourd manteau sombre glisse sur tes épaules, dénudant ta robe rouge et tes cuisses de résille. Ta nuque bascule en arrière, offrant à tes omoplates la caresse d'une crinière sèche. L'horloge annonce dix-huit heures et tes muscles ankylosés se détendent. Soudain, une vibration. Tu observes l'écran sombre se réanimer. Un numéro inconnu, une heure et un lieu. Un ordre familier qui t'arrache un rictus. Sombre capricieux.

    L'étoffe de cachemire coule le long de tes courbes et tu l'enjambes – t'extirpant de tes fonctions. Ton corps se silhouette sur les corridors vespéraux, presque irréels. La résille embrase l'encre de ta cuisse à chaque pas, l'aiguille de tes talons miroite dans les carreaux polis et tes ovales sombres reluisent. L’ascenseur, comme l'enfer intime, se referme sur toi et tu reprends ta respiration. Un regard sur l'écran noir, pas de nouvelles. Son silence énigmatique, ses venues et départs elliptiques. Les portes s'ouvrent sur le mutisme du réceptionniste qui se contente de dresser deux paupières épuisées sur ta silhouette. « Tu peux fermer Oscar. » Un ordre plus qu'une demande. Trois ans que vous vous côtoyiez, il a pour habitude d'éponger tes caprices et de rendre le cabinet assaini pour le jour suivant. Ses plis camouflent ses expressions et dans un grognement rauque, il s'éclipse dans tes pas.

    Les bourrasques balaient la côte – et toi avec. Ton long manteau se soulève et le rouge de ta robe tranche dans cet univers cendré. Autour de toi, le gris – cette couleur maudite, sa couleur. À l'arrière d'une vitre, ton âme te fait face. Tu hésites un instant avant de pousser la porte des enfers. SCHLANGENGIFT. Littéralement, le venin du serpent. Ta paume expulse la barrière entre ces deux mondes et tu prends une grande inspiration L'intérieur était plongé dans une pénombre néonisée, maintenue par un faible éclairage verdâtre. En effet, c'était un bar. À son centre, un globe de cristal où lézarde une couleuvre blanche.

    Tu avais toujours pris soin d'éviter cette taverne et son halo serpentin. Comme si les murs étaient les poumons de ces bêtes froides, se rétractant sur vous pour vous basculer dans l'organisme du prédateur. Dans la réflexion cristalline, tu l’aperçois. Pile à l'heure. Reculé, à l'arrière d'un rideau de perles, dans l'ambiance feutrée et langoureuse, un verre coincé dans les mains. Ses pommettes, accentuées comme des couteaux sous son épiderme, sont habillées d'une lueur émeraude et ses perles grises te soulèvent pour mieux te détailler. Tu avances d'un pas, puis d'un second – te glissant telle une panthère sombre sur le fauteuil de cuir. Il est froid et t'arrache des frissons le long de ta colonne. « Capricieux Ulrich, quel plaisir. » Une serveuse s'avance avec un plateau de verres enflammés d'un élixir turquoise. Une légère fumée s'en dégage. Tu en saisis un au passage et tes lèvres rencontrèrent la mystérieuse boisson qui fermentait au cœur du cristal. Tu connais bien ces liquides corrosifs pour le foie, mais envoûtants pour le palais.



     
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    Re: Dis moi oui, mais non. — PV. > le Mer 01 Aoû 2018, 20:33
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    Into the silence you fed me, Into the fire consumed.
    Le port est certainement le meilleur endroit pour observer un coucher de soleil. On pourrait presque penser que l'océan rappelle à lui son fils tout là-haut. L'homme, lui, il observe le spectacle en inspectant les cordages de son voilier. Le cancer entre ses lèvres s'amenuise au fil de ses respirations alors que le ciel fulmine de couleur encore vives. Ce n'est qu'une fois assuré de l'état du bras qu'il jette son mégot à la mer, sans amertume. L'écran de son téléphone s'éclaire sous ses doigts agiles et il s'amuse de l'envoi d'un rapide message. Pour ce soir, tout est planifié.

    Le port est faiblement éclairé lorsque la silhouette d'un homme de jaïs tout vêtu, fait face aux vents marins qui viennent chatouiller la côte. Sa posture est digne mais la cibiche ne quitte pas ses lèvres. Il ne s'en débarrassera qu'une fois aux portes des vices. Si certains trouvent cela médiocre, lui, il apprécie tout particulièrement ce genre d'endroit. Il les a connus bien plus peuplés, bien plus vivants et vicieux. Il a du se faire à la tranquillité apparente de cette ville. Pour s'asseoir, il y a l'embarras du choix. Les fauteuils grenats proche des fenêtres sont parfaits. Un simple whisky régional pour débuter et il se met à observer les gens, à se moquer et se faire surprendre par certains. Ses yeux gris serpentent sur les ombres de la pièce avant d'enfin apercevoir l'objet de sa déroute nocturne, cette vipère, Mara.

    « Toujours aussi docile, ça faisait longtemps Mara. » Des regards qui s'éternisent et un silence qui en dis long. Un sourire se dessine sur le faciès de l'homme étourdi par une massue de nostalgie. Son index caresse le démon qui serpente autour de son cou. Cette femme lui rappelle ses années à l'université et sa folie des grandeurs. Et pourtant ... Et pourtant c'est dans cette petite ville qu'ils se retrouvent. Sa beauté ne s'est pas assagie mais flamboie davantage. Lui, délaisse ce lourd veston noirâtre, retrousse les manches de sa chemise immaculée et en ouvre les premiers boutons. Son verre se vide aussitôt, il attend le suivant.

    « J'ai été surpris d'avoir autant de difficulté à acheter un simple immeuble. Encore plus de te savoir dans un tel patelin ... » Lui qui voulait une simple maison de vacances dans un port méconnu et elle qui lui a donné du fil à retordre pour l'achat. C'est également par curiosité qu'il a plié bagage pour cette région reculée. Retrouver ce reptile d'un rubis éclatant est capiteux. Les affaires restaient à plus tard laissant la place aux plaisirs.


    Deux verres se posent face à face. L'allemand trinque au passé, à ce sang-froid qui s'enroule autour de la cuisse dénudée pour frôler l'interdit. Les secrets sont depuis longtemps tombés, il suffit de se souvenir pour sourire à nouveau. L'homme rejette sa tignasse d'une main ferme et ses traits anguleux paraissent plus profonds une nouvelle fois. Son regard jette un froid vers un feu inextinguible. Lui il est prêt. Prêt à plonger dans les abysses.
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    Re: Dis moi oui, mais non. — PV. > le Jeu 02 Aoû 2018, 13:14
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    Qu'est-ce que ça fait de me traiter comme tu le fais, quand tu as étendu tes bras sur moi et que tu m'as dit qui tu étais.

    La couleuvre blanche ondule dans sa geôle de cristal, un camaïeu d'émeraude revêtant ses écailles. Les lueurs néonisées lèchent les prédateurs glaciaux encrés en vos chaires – l'un habille une cuisse, l'autre étrangle une gorge. Comme une jarretière ou un pendentif, ce symbole serpentin vous unit. Un python et une vipère, embrumés par des mixtures grisantes et une ambiance suffocante. La peau de l’esthète est parfaitement blanche et lisse, comme s'il avait été sculpté dans de la craie, et son visage semblait aussi inanimé que celui d'une statue, à l'exception des deux yeux verts et brillants qui te regarde fixement, telles des flammes logées dans des orbites. Tes traits s'éclairent d'un sourire presque désenchanté. Tu englobes de tes longs doigts le verre de vin, regardant fixement le basilic prisonnier. Tu parus demeurer un long moment plongée dans tes pensées – avant de redresser deux perles brunes en sa direction. Séparés par un étroit fossé mais paralysés sur place, incapables de rien dissimuler à l'autre. L'atmosphère électrique tourbillonne autour de vous comme des vagues en pleine tempête, ombrageant vos lèvres. « Un serpent garde ses écailles. » Le venin s'amasse sous ta langue. « Je n'aime pas voir ceux qui cherchent à s'en débarrasser. » Tes cils papillonnent lourdement dans la masse envinée. La moiteur enveloppe vos chairs et bouscule vos sens. Vous êtes désormais perdus dans les méandres d'un univers hostile, dangereusement familier. La musique était forte, une odeur chargée de senteurs différentes plongeait l'atmosphère dans une lourdeur entêtante. Cambrée sur ton siège, tu relâches la tension de ton échine et te recules de lui. Tu te noies dans le cuir animal, tes griffes reposant sur les accoudoirs.

    Vous testez vos limites, tirez sur le fil rouge jusqu'à ce qu'il s'effrite – mais jamais jusqu'à ce qu'il lâche. Un délicieux combat autour d'ivresses, d'un sombre regard et d'une paire de cuissardes. Tes jambes se croisent, et leurs nudités vont de pair avec la pâleur chaude des lumières. Deux visages si proches, la délicatesse du décor qui vous entoure... Enveloppée d'une brume de chaleur, tu ne vois plus rien d'autre que lui, comme un reflet barrant la vue d'une vitre. « Mais merci. Ça flatte mes aptitudes dans les affaires. Je ne me glisse que dans les cas qui rapportent... » La nuit s'écoule comme l'aquarelle sur une toile. Elle serpente au-dessus des tuiles, s'infiltre contre les vitres et se silhouette sur les murs. Les rares candélabres apportent une lueur dans les tunnels obscurs, où des papillons nocturnes s'y brûlent les ailes. Une clarté parsème la vitre de ce purgatoire et y apporte une lueur de vie. Mais trop tard, les démons sont déjà là – l'un deux dont les boutons de sa chemise se détachent et délivrent l'antique serpent, tandis que le second dragon aborde les portes de l'Éden. « Pour quelle raison m'as-tu appelé ? J'imagine que ce n'est pas pour te confesser pendant que j'aiguise le couteau. »



     
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