AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
connexioninscription
Elemental Skin



La fumée d'un feu dans l'air tumultueux ━ ft. Monsieur



    Partagez
    avatar
    La fumée d'un feu dans l'air tumultueux ━ ft. Monsieur > le Lun 24 Sep 2018, 19:01
    Oublié ▬ Terre et Air
    Oublié ▬ Terre et Air
    Messages : 33
    Particules : 46

    Fiche personnage
    Crédit avatar: Lum
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Peintre
    La fumée d'un feu dans l'air tumultueux

    Une exposition en plein milieu d'un restaurant gastronomique, pourquoi pas ? C'est ce que tu avais pensé en voyant l'annonce : " Manger les plus bons mets tout en admirant des œuvres d'artiste locaux, quoi de mieux ! Venez commander et prendre le temps de choisir votre nouvelle perle à accrocher dans votre salon, dans notre restaurant Kirktown ! "
    Soyons honnête, c'était plutôt pas mal. Et puis petit plus : vin offert aux artistes décidant de vendre leurs œuvres. Quoi de mieux pour occuper ce samedi après-midi ? N'abusons pas, plusieurs choses, mais c'était quand même une occasion à ne pas louper.
    Tu étais donc là, au milieu du restaurant, observant la pièce. Un piano était disposé dans un coin de cette grande salle, où un volontaire s'amusait à jouer quelques jolies notes. Une vingtaine de personnes se déplaçaient de tableaux en tableaux, certains discutant les prix avec les artistes, d'autres ne faisant qu'observer. Devant certaines œuvres, les artistes n'étaient pas présent, assis à une table non loin de leurs travaux, où on pouvait venir les interroger et discuter autour d'un verre. La pièce était magnifiquement organisée pour donner une impression d'espace, tout en étant décorée de multiples tableaux sur chaque mur et une dizaine de petites tables rondes pour quatre personnes pour artistes et curieux, amateurs d'art, voire potentiels acheteurs.

    Toi Emerald, tu étais là. À observer, toujours, les oreilles toutes ouïes, histoire de pouvoir intervenir si les visiteurs se posaient des questions à voix haute sur tes tableaux, ou s'ils les touchaient. Auquel cas, ils comprendraient le terme " respect " avec ce que tu leur réservais.
    Tu décidas néanmoins de te lever de cette chaise, de laquelle tu regardais un peu tout, pour admirer certains tableaux. Après tout, il fallait savoir montrer son admiration envers ses collègues, même avec les moins doués. Enfin, eux tu les évitais un peu. Tu savais que s'ils te demandaient ton avis, tu ne t'embêterais pas à leur mentir. Et, comme beaucoup d'artistes narcissique et autocentrés, ils allaient mal le prendre et être dans tout leurs états qu'on ai osé critiqué leur art si pur et parfait et si représentant de notre société actuelle et tout ce qu'ils sont capable de sortir pour se valoriser et attirer les compliments de d'autres artistes bien moins sans gêne que toi.


    De nouveaux visiteurs venaient d'arriver. Un verre de vin à la main, tu le portas à tes lèvres tout en les regardant. Espérant que certains d'entre eux viendraient à s'intéresser à ton travail.



    avatar
    Appelé par l'Air
    Appelé par l'Air
    Messages : 97
    Particules : 82

    Fiche personnage
    Crédit avatar: last morning ▬ lorandesore
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Professeur de langue française en lycée

    Il surveillait sa voiture depuis la fenêtre de la salle de restaurant. Il s'était garé sans soin aucun, prenait deux places dans un espace de parking déjà réduit, voyait cet infernal rétroviseur pencher dangereusement vers l'extérieur et craignait qu'un coup de vent ne l'arrache - aussi simplement qu'il le faisait pour la cendre qui s'envolait depuis ses lèvres, pissenlit d'adulte. Il la voyait, cette voiture si fiable, et compter sur sa présence toujours assurée et sur sa solidité dans son coeur lui faisait oublier l'interdiction de fumer dans les lieux publics : interdiction qu'il maîtrisait certes, entre l'Ecosse et la France, mais que son addiction réprouvait de froncements de sourcils sévères. La fenêtre était ouverte, pas la baie vitrée du balcon ; il faisait trop froid. Alors on l'avait contraint, derrière ce rebord trop bas pour pouvoir s'y accouder proprement et trop fin pour y poser un verre de bourbon, à fixer son erreur de pilotage et à en avoir honte. Voilà qui avait échoué lamentablement.
    Il écrase donc son mégot sous la semelle de ses mocassins, bon élève ; les revues d'art qu'il porte sous le bras et dans son cartable traduisent un souci de bien faire lauréat. Il a oublié ses cigares sur le siège passager et son manteau est encore humide de la dernière pluie gaélique. Orphelin en but, il erre en beige avec l'air de poussières antiques, les restes de la forêt noire et de la crème anglaise qu'il a mangées nichés encore contre son palais.

    Il n'a jamais cautionné l'exposition moderne, par trop de côtés aseptisée, dépourvue de compétition : un blanc fragile et malade, et il est trop souvent malade pour regretter le blanc. La lumière naturelle ne suffisant pas, les spots autour des œuvres créent des ombres grossières et, derrière sa légère myopie, il rate les nuances que l'art contemporain permet lorsqu'il est judicieux. Rien ne retient son attention : il vagabonde d'un pas large dans des faubourgs maintes fois arpentés. La grimace de ses lèvres implorent le bourbon de les noyer - parfois même il doit ramasser les quelques feuilles volantes de ses outils de travail, décollées d'être trop lues.
    L'un des tableaux l'arrête par sa parenté revendiquée avec Jakuchu. L'artiste a la référence, mais ni les moyens ni le talent de réinterpréter le génie asiatique duquel il s'inspire. Un autre freine son pas par son absurde travail d'imitation de Bacon. Il n'y a rien à tirer de ces vaines monstrations.
    Il voit une fenêtre près de laquelle s'échouer et presse le pas en sa direction, quand l'ombre d'un spot le ramène à sa gauche. Le cadre qui l'aveugle lui arrache un sourire, le fait s'arrêter.

    - Ciel, c'est une vulve, déclare-t-il dans un français parfait. Une femme semble l'avoir entendu, francophone sans doute ; elle s'avance vers lui, mais il est trop occupé à lire la description de l'étonnante blague pour s'en rendre compte.
    Feux | ft. Emerald


    SIÈCLE
    DERNIER who ▬  aes
    avatar
    Oublié ▬ Terre et Air
    Oublié ▬ Terre et Air
    Messages : 33
    Particules : 46

    Fiche personnage
    Crédit avatar: Lum
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Peintre
    La fumée d'un feu dans l'air tumultueux

    Tu les suivi du regard, se faufiler entre les observateurs, ne jetant que quelques coup d’œils mais sans plus, trop occupés à parler entre eux de combien ils trouvaient l’événement bien organisé. Ton petit thème sur les paysages ne semblait pas plaire aux nouveaux venus, soit, tu t'en tapais un peu le coquillard, comme certains purs français disent.
    Ah, la France.. Ça te manquait. Pas les débats politiques qui ne tournaient pratiquement qu'autour des immigrés, pas les fusillades qui se multipliaient dans des quartiers pourris des villes en son sud, pas ceux qui te soutiennent que les pâtes viennent de chez eux et non d'autre part, mais son âme. L'âme de la France. Ses paysages, sa diversité, sa gastronomie, son vin, ses belles plages, ses beaux châteaux. Comme tout, il y a pire et il y a mieux, me direz-vous. Mais elle est singulière, la France, elle est unique. Et puis essayez de trouver plus énervé qu'un pur campagnard français qui n'a plus de fromage pour le dessert un dimanche midi, ça va être dur croyez-moi. Ah, la France, tu t'en ennuie.

    ❝ ━ Ciel, c'est une vulve. ❞

    Et c'est aussi pour ça que tu l'aimais, la France. Elle envoyait des personnages excentriques à l'étranger, rien que pour égayer ta journée. Si qu'il est pas généreux, ce pays aux couleurs blanche, rouge et bleue ?
    Cette femme pourtant, ne pensais pas comme toi. Elle s'approchait de l'homme qui avait lancé cette phrase si spontanée, d'un air contrarié, dur. Elle devait comprendre le Français, car elle ne lésina pas une fois arrivée en face du jeune homme. Elle lui mit une petite tape sur l'épaule, et de loin tu l'entendis le sermonner. Elle disait quelque chose qui ressemblait à ça: ❝ Non mais ça va pas la tête ? Figurez-vous qu'il y a des Français ici, vous ne pouvez pas vous amuser à dire n'importe quoi ! Il ne faut pas être Einstein pour comprendre ce que ce tableau représente ! Pas la peine de le crier sur les toits ! ❞

    Aouch, pauvre homme. Elle reparti aussi vite qu'elle fût arrivée, de l'autre côté de la salle tout en lançant des regards menaçant derrière elle tout du long.
    Un sourire amusé aux lèvres, tu rejoins le mystérieux homme qui maîtrisait le beau langage Français, histoire de lui apporter un peu de compagnie. De compassion.

    ❝ ━ Je crois que tu ne lui a pas fais bonne impression, mais ne t'inquiètes pas, je suis un peu plus amusante que ça. ❞

    Tu lui lanças un sourire du feu de dieu, l'un de tes plus contagieux.

    ❝ ━ Alors, tu es Français dis-moi, ou tu as juste appris la langue ? Ton intérêt pour l'art, il te vient de France, aussi ? ❞

    Oh ça, il y en avait, des artistes talentueux, en ta belle France.



    avatar
    Appelé par l'Air
    Appelé par l'Air
    Messages : 97
    Particules : 82

    Fiche personnage
    Crédit avatar: last morning ▬ lorandesore
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Professeur de langue française en lycée

    - Et pourquoi donc avoir honte de votre production, sinon parce qu'elle ne possède aucun autre intérêt qu'être une vulgaire et pâle copie du travail amorcé par Courbet ? Je me fiche bien d'être entendu ou compris quand je ne peux être remercié que par des réactions aussi collégiennes. Assumez votre blague ou, à défaut, cachez-la sous un rideau rouge ; au moins nous épargnerez-vous les accrocs de votre huile maladroite et auriez-vous l'air de savoir ce que vous faites.

    Grossière, elle était partie avant même de l'écouter, et sa verve endormie n'était pas assez lucide pour s'en rendre compte à temps pour qu'il arrête. Il parlait seul, aussi furieux qu'elle l'était, parquée de nouveau dans le cercle d'esthètes auto-diagnostiqués au faux accent espagnol, seul moyen pour eux d'être crédibles dans un univers de commerce (de commerce, au nom du Christ). Sa colère à lui était fatiguée car sa langue cassait certaines consonnes et traînait, hallali dans la vallée, vers un silence confus, troublé peut-être de l'écho des grillons, des chiens et des empreintes de pas laissées dans la neige. Il tenait en horreur l'organisation des expositions modernes, définitivement ; tout y sonnait le terme de l'Histoire et la fin des temps.

    Aucune couleur à mélanger sur les murs et son manteau long, à peine trop grand - il avait maigri, semblait-il, et sous ses bras ballants lévitaient les ustensiles de savoir dont le froissement juste et paisible apaisait ses angoisses. Il attendait, voyait l'odieuse délinquante comme on voit l'ascenseur partir sans soi, le regard contrarié sur un paysage qui, pensait-il, n'appartenait qu'à lui. Le regard irrémédiablement vieux.
    La nouvelle, la prochaine, accueillit un dédain usé contre un silex mal taillé (quelques étincelles, rien de plus) ; il était droit, il regrettait un dix-huit cent qu'il ne connaissait pas, et le col roulé de son pull était plus humide que ses yeux.

    - Mes intérêts viennent de moi, et je viens de Goethe et Mallarmé.

    Il ne comprenait pas la familiarité du lieu, celle de ses résidents. Il acceptait l'intimité que partageaient sa bouche et le sucré de son dessert, pas celle des humains entre eux, à plus forte raison dans une langue qui, parlée par lui, était morte.

    - Dois-je supplier pour être conduit vers votre travail ? C'est bien pour cela que vous êtes ici.

    Feux | ft. Emerald


    SIÈCLE
    DERNIER who ▬  aes