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Elemental Skin



Your touch on my skin, burning — Jacob



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    Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 00:23
    Elemental Sin ▬ Air
    Elemental Sin ▬ Air
    Messages : 44
    Particules : 107

    Fiche personnage
    Crédit avatar: V ▬ Mystic Messenger
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Infirmier de nuit
    Jacob Caldwell
    You better have my money


    Ai Mikaze - Uta no Prince Sama
    Mon nom complet est Jacob Caldwell mais on m'appelle plus simplement Jacob. Je suis né le 12 Mars 1993 et j'ai donc 25 ans. À l'origine, je viens de Denver, aux Etats Unis et je vis à Stonehaven. La ville m'a tendu les bras depuis cinq mois. Je connais la Quintessence.

    À Stonehaven, je suis infirmier de nuit. Je vis dans un petit studio à la déco dépassée.


    Composition :

    Terre

    3%

    Eau

    5%

    Air

    90%

    Feu

     2%


    Groupe souhaité :ELEMENTAL SIN


    Don't look at me like that



    « Une gueule d'ange. Un visage androgyne, un teint clair, des pommettes saillantes et une silhouette longiligne parfaite pour les photographes. »

    Quelle bande de tocards.

    La femme assise en face de moi me toise avec cet air de mollusque qui a trop traîné au soleil. Je sens ses yeux inquisiteurs peser sur moi et déjà ma peau me démange. Je n'ai même pas besoin de m'attarder sur ses traits pour savoir qu'elle a cette lueur dans les yeux, celle qui frappe quiconque me regardant d'un peu trop près. Tout ce que je vois, c'est un mélange consternant de méfiance, de pitié et même d'une pointe désir, et ça me donne presque la gerbe. Je lui brandit mon majeur sans une once d'émotion sur le visage et descends du métro.
    Putain, c’est même pas mon arrêt.

    Je cherche mon chemin, comme d'habitude, jusqu'à rencontrer une paire d'yeux d'un bleu morne, qui semblent à deux doigts de se fermer si j'en crois les lourdes paupières qui les recouvrent déjà à moitié. Le type n'a pas du dormir depuis un moment si j'en crois les cernes qui creusent sa peau blafarde. Il a de longs cils, épais et sombres, qui rétrécissent ses pupilles ternes à mesure qu'il me fixe.

    C'est quoi son problème ?

    Je pourrais presque voir à travers sa peau tant elle est livide. Si vous voulez mon avis, ce mec est malade, ou défoncé.  Il a ce quelque chose d'instable dans les prunelles, un truc tapi au fond de lui. On pourrait dire qu'il dégage un certain charisme happant, mais j'aime pas sa manière de me regarder comme le simple fait de ma présence l'insupportait. Ou est-il seulement mal à l'aise ?

    Plus je le détaille et plus j’ai l’impression qu’il manque de s’évanouir d’un moment à l’autre. Je prépare presque le numéro des secours dans mon téléphone.
    Presque.

    Alors que je traîne dans ma contemplation, il reste muet, ses lèvres pincées en une expression dédaigneuse. Il a l’air si calme que je m’étonne de le voir bouger sa main, immense et fine, pour la poser au creux de sa nuque. Ses gestes sont flous et si mal assurés que son air dégagé semble, l'espace d'une seconde, appartenir à quelqu’un d'autre.
    Ses doigts , dans un mouvement nerveux, s’accrochent aux mèches colorées qui retombent négligemment sur ses épaules. Le bleu nuancé de ses cheveux me captive avant que je me focalise sur leur longueur qui lui donne l'air étrangement plus doux.

    De toute sa hauteur –c’est-à-dire sûrement un bon mètre quatre-vingt-dix -, il me toise lui aussi, mais je n’en ai pas grand-chose à foutre.
    Je remarque son t-shirt ample, sobre mais qui ne suffit pas à masquer sa maigreur presque inquiétante. Mes yeux suivent le mouvement de ses bras alors qu’il enfonce ses mains dans les poches de son jean d’un air désabusé. Je remarque la finesse de sa peau qui laisse entrevoir les croisillons bleuâtres de ses veines aussi bien que son ossature, puis je me concentre sur l’encre noire qui recouvre son avant-bras. En voyant les lignes sculptées sur sa peau, je ne peux m’empêcher de froncer les sourcils.

    Putain, ce gars a le même tatouage que moi.

    Puis soudain, je réalise. Je cligne des yeux, une fois, deux fois. Lui aussi.

    Ce mec, c'est moi dans la vitre sale d’un magasin.

    J'oublie parfois.


    Fuck it, dude


    I’m a broken thing.

    Ma cage thoracique est douloureuse, respirer est un enfer. La plupart du temps ma peau m'étouffe, gluante et trop petite pour moi, au point où je rêve parfois de m'en débarrasser. Tu sais ce que c'est toi, de te sentir à l'étroit dans ton propre corps ? Crois-moi, tu ne préfères pas le savoir.

    Mes jambes s'impatientent plus vite que je ne le voudrais, mes mains tremblent plus que de raison. Peut-être est-ce la faim qui me tenaille et me donne l'air d'un pantin désarticulé, ou la fatigue qui engourdit mes sens. Faut admettre que je suis bien trop mauvais cuisinier pour suivre une alimentation digne de ce nom - à moins que se nourrir d’œufs carbonisés ne soit conseillé. Ajouté à cela le rare sommeil que je parviens à trouver entre deux migraines, on obtient la recette parfaite de l'allure cadavérique.
    Pourtant, je sais que je ne dois mon mal-être qu’à ma composition approximative, mais puis-je seulement y changer quelque chose ? Si ce n'est pas une malédiction, je ne vois rien d'autre.

    D’autres fois, il m’arrive de me sentir partir. Vraiment, je veux dire. Au point de ne plus savoir si je suis celui qui fait ces choix, au point de me déresponsabiliser de tout. C’est comme si je n’étais que le spectateur de ma propre vie, soufflant les solutions à un personnage qui n’écoute rien de ce qu’on lui dit et continue d’enchaîner les erreurs. Certains diront que je suis dans la lune. Moi, j’appelle ça de l’abandon – de soi ou des autres, c’est un peu comme on veut.


    I’m a looser.

    Regarder droit devant pour se donner une constance. Dévisager le mec en face, froncer les sourcils et croiser les bras d’un air supérieur. De loin, on pourrait croire que j’ai confiance en moi, que je suis ce mec bourré d’égo qui marche d’un pas affirmé et devant lequel les passants s’écartent. On y croirait si je n’avais pas cette tristesse dans le fond de l’âme, ces yeux tombants. On y croirait s’il n’était pas écrit sur mon front en capitales rouges que je suis un putain de lâche.

    Pourtant, je ne déteste pas mon existence. Elle aurait même pu être agréable, avec un peu moins de regrets et d’échecs, mais j’ai déconné. Ouais, j’ai tout fait foirer, et c’est sûrement ce que je fais de mieux.

    Il y avait Abigaïl et son beau sourire, ses boucles blondes et son rire enfantin. Elle était sûrement ce que j’avais de plus précieux, mais aussi de plus fragile, et je suis si maladroit qu’elle n’est pas restée longtemps intacte entre mes doigts. Désormais, les rares fois où je l’entends au téléphone, c’est une voix rauque que je ne reconnais pas qui s’adresse à moi. Du fond du gouffre dans lequel la drogue l’a enfoncée, je sens qu’elle m’appelle à l’aide. Elle me hurle qu’elle est trop fragile pour remonter seule, mais je ne bouge pas. Moi, je suis incapable de l’aider, tout simplement car c’est au-dessus de mes forces. Car je lui ai déjà fait trop de mal et que je ne saurais lui tendre la main sans la plonger dans des ténèbres encore plus profondes. J’ai honte et je n’ose plus bouger parce que je sais qu’à un moment ou à un autre, je vais merde.

    L’ironie là-dedans, c’est que mon rêve était de sauver le monde. Depuis gamin, je voulais soigner les enfants malades, guérir le cancer et rendre le monde meilleur dans ma blouse blanche. Quel con. En réalité, je ne suis même pas foutu de délivrer ma sœur d’un mal dans lequel je l’ai moi-même traînée.
    Aujourd’hui, j’ai tellement de regrets qu’ils me tiennent éveillés la nuit. Chaque jour un peu plus, je sens qu’ils me grignotent le cœur - et si j’en crois les pincements douloureux dans ma poitrine, ils sont voraces.

    Seulement, j’ai beau toujours tout faire de travers et me ramasser au moindre pas, je ne manquerai jamais d’essayer. A ma manière, certes, et peut-être en vain, je me bats continuellement. C'est sûrement une autre connerie, mais de toute façon, je ne sais pas quoi faire d'autre.


    I’m a hater.

    C’est vrai, je ne dis pas bonjour aux vieilles dames, je ne les aide même pas à traverser la route. On me dit que je suis un malpoli doublé d’un homme grossier et, à vrai dire, je ne peux pas tellement le contester.
    Qu'on se le dise, j’ai l’air d’un connard imbu de lui-même qui n’arrache pas une gentillesse de sa bouche simplement parce que les mots que je prononce sont toxiques, et que j’ai peur. Je suis un petit garçon roulé en boule dans le coin sombre de sa chambre, un petit garçon terriblement impuissant qui ment pour paraître un plus fort.
    En vérité, c’est le monde qui me terrifie et il va si vite que je perds pieds.

    Je parviens à peine à sourire et je ne sais pas nouer d’amitié – la seule compagnie que je supporte étant celle de mon chat, cette fidèle bestiole. En fait, je dois être aussi loquace qu’une huître quand il ne s’agit pas de me plaindre ou de jurer. Un haussement d'épaules pour oui, des yeux levés au ciel pour non, voici les clés de ma communication. Bien que ça en ait tout l'air, ce n'est pas du mépris, ni même de la méchanceté, mais simplement une maladresse que je ne sais contenir qu'avec aigreur. Sous le masque de froideur derrière lequel je me barricade honteusement, je ne suis qu'un pauvre mec qui s’empourpre pour la moindre attention et perd facilement ses mots. Alors parfois, mieux vaut ne rien dire du tout que s'apparenter à un gamin indécis et trop émotif pour son âge.


    Je ne suis définitivement pas quelqu’un de sortable, le pire étant je ne fais même pas bien semblant d’être confiant. J'ai l'air d'un con, n'est-ce pas?

    I never forget


    — Docteur, on est en train de la perdre ! s'exclame la plus petite, l'air faussement affolé.

    — Un scalpel, infirmière Abi.

    Le ton du jeune garçon est calme et trop grave pour un enfant de son âge. Il fait mine de froncer les sourcils sous la pression et remonte le mouchoir qui lui couvre la bouche sur son petit nez.
    Un instrument passe des mains de la fillette aux longues mèches ambrées à celles de son frère, une lueur d'un éclat tout particulier passant dans ses grands yeux bleus lorsqu'il s'en saisit d'une poigne ferme. Le garçon doit avoir une dizaine d'années, tout plus. Il semble frêle mais la détermination qui l'anime transpire par tous les pores de sa peau. Alors que la blonde ne peut s'empêcher de rire, son compagnon de jeu garde un silence déconcertant lorsqu'il appuie la pointe en plastique du couteau qu'il tient sur la poupée de sa sœur. S’il ne s’agissait pas d'un jeu, il serait sûrement un modèle de sang-froid.

    — J'ai besoin d'une compresse ! dit-il avec assurance

    Prise d'euphorie, la gamine s'élance pour atteindre la paquet de cotons avant que son frère ne hausse le ton. Elle s'amuse tellement qu'elle ne voit pas le chariot sur son chemin, et très vite une flopée d'ustensiles en plastiques s’abat sur la petite table, abrégeant l'opération du faux médecin.

    — Abi ! râle le blondinet en direction de sa cadette, les mains sur les hanches en signe de son mécontentement.

    Sa voix, finalement redevenue celle d'un enfant, semble aussi plus aiguë. Il voudrait se fâcher, ou au moins s'en donner l'air, mais Jacob n'est pas un bon menteur et sa sœur le sait. Elle ne se départit pas de son sourire lumineux lorsqu'elle fait volte-face et mime un massage cardiaque confus sur la poupée, désormais bien amochée par leurs petites mains. Puis, c'est triomphante qu'elle brandit le jouet, chantonnant presque :

    — On l'a fait, docteur ! Madame Lullaby est toute réparée, regarde !

    Des éclats de rires baignent la scène. Si cristallins et innocents que jamais Jacob n'aurait pensé ne plus les entendre.



    Pourtant, le rêve prend fin dans un silence assourdissant.


    Retour à la réalité. Merde.
    C'est fugace, mais en émergeant, j'ai presque l'impression que mon cœur s'est apaisé sous la caresse des souvenirs brumeux. La voix d'Abi, telle que je ne l'avais plus entendue depuis des années, me revient presque en mémoire. Je force sur mes paupières encore clauses, souhaitant me replonger dans la douceur de cette époque, mais tout s'est déjà éteint et bientôt le reste me revient. C'est le noir complet.

    La mort de maman. L’accident d’Abi.

    Le début de la fin.


    Je suis né aux Etats Unis, le pays des libertés. Paradoxalement, je me suis toujours senti enchaîné à des responsabilités dont je ne voulais pas.

    Nous n'étions pas riches, voire même carrément sur la paille, mais ne m'en suis jamais plains. Dès mon plus jeune âge, j’avais compris que notre situation était commune à un nombre incalculable de familles, surtout dans le petit quartier de Denver où nous habitions.
    Ma mère était une femme fatiguée, certes aimante, mais absente la plupart du temps. Pas de notre appartement miteux – ça, elle n'en bougeait pas, même lorsque l’école appelait pour signaler la maladie d’un d’entre nous.
    Non, elle était simplement absente de nos vies. Notre père lui manquait peut-être, je ne sais pas, je ne l'ai pas vraiment connu. Je n’avais aperçu de lui que l'enveloppe jaunâtre que nous recevions le troisième vendredi du mois, toujours avec la même écriture appliquée, les mêmes timbres à l’effigie de monuments où je rêvais d’aller. Je m'en souviens car c'est cet enrobage de papier qui renfermait le secret du petit plaisir que je pouvais offrir à ma sœur, une fois dans le mois.

    Abi avait beau être de deux ans ma cadette, je l'admirais. J’étais un garçon fragile, à la santé approximative, alors la voir parcourir les couloirs étroits de notre appartement avec tant d’énergie et d’entrain était une révélation. Lorsque je tombais malade – ce qui arrivait assez fréquemment -, elle s’occupait de moi et, conjointement, de notre mère qui passait de plus en plus de temps endormie sur le canapé.
    J'enviais son positivisme, sa chaleur, son humanisme. Rien ne semblait pouvoir l'atteindre, alors que j'étais clairement le plus faible de nous deux.
    Mais ce jour-là était celui où je devenais un véritable grand-frère : c'était moi qui enlevais le courrier avant que notre mère ne se lève, et c'était aussi moi qui l’ouvrais, extirpant un billet avec le soin avec lequel on aurait déterré un trésor. Ce n'était pas grand-chose puisque je veillais à ce que la rançon de notre secret ne soit pas visible, mais c'était suffisant pour faire de nous, l'espace d'une journée, deux enfants comblés qui jouaient au parc et dégustaient de délicieuses crèmes glacées au goût de l’interdit, comme n'importe quels enfants.

    Mais nous n’étions pas comme les autres.

    Abi et moi avons grandi un peu trop vite, la charge d’un foyer nous est revenue anormalement tôt et nous a forcé à rentrer dans un quotidien pour lequel nous n’avions jamais été préparés. Au début, maman était seulement trop affaiblie pour faire le ménage, alors nous nous répartissions les tâches basiques d’entretien. Au début, ça avait l'air d'un jeu.
    Puis avec l’âge, ça n'avait plus rien de marrant. L’argent manquait, rien ne rentrait. Fatalement, les journées devenaient trop courtes et les factures s’accumulaient. Abi et moi étions trop jeunes mais nous n’avions pas d’excuse, car maman n'était pas fatiguée : elle était malade, le genre de maladie qui a toujours été là et qui grandit de jours en jours, tapie au fond de ses entrailles, pour ne pas être traitée à temps.
    Moi, j'ai longtemps cru que je pourrais la soigner : encore une des illusions dont je me plaisais à être bercé. J’ai travaillé comme un forcené, m’isolant encore un peu plus du monde. Mais à l’époque, j’étais persuadé que tout irait mieux plus tard, que tout se concrétiserait une fois mon diplôme obtenu et mon cabinet, couvert de succès. J’idolâtrais le futur comme s’il allait faire mûrir les fruits de mes efforts d’un coup de baguette magique, et que, dès lors, notre vie prendrait un cours normal.

    Je me trompais tellement.


    Le véritable cauchemar a commencé lorsque l’état de notre génitrice s’est dégradé au point d’imposer une admission de longue durée à l’hôpital.
    « On est désolés, mais il va nous falloir plus de temps pour soigner votre mère. Elle va rester ici encore quelques semaines, en observation. Selon les résultats, on verra ce qu’on peut faire. »
    J’avais détesté le ton des médecins et leur regard désolé, tout comme j’avais haï la main du brancardier, qui se voulait réconfortante, sur l’épaule de ma sœur. Je l’avais détestée parce qu’elle avait su sécher ses larmes lorsque je n’avais fait que fuir. Je ne parlais pas à Abi de la maladie de notre mère, je ne la questionnais même pas sur sa santé qui se dégradait, ni sur ses sentiments.
    Je m’étais enfermé dans le travail, et je continuerai à la faire encore quelques années.

    Mais nous survivions malgré tout. Abi et moi avions perdu notre complicité et notre insouciance, chacun s’étant terré dans un mutisme préoccupé, néanmoins, tout semblait aller. Nous pensions que notre wagon venait de terminer la dernière boucle des montagnes russes et que nous ne tarderions pas à remonter.
    Pourtant, la pente a continué de s’intensifier, plus raide que jamais.


    J’ai commencé mes études d’infirmier principalement parce que je ne pouvais me permettre de viser une carrière de médecin, mais j’étais animé par le même feu de sauver des vies. Nous n’avions ni suffisamment d’argent ni de temps à sacrifier pour envisager le cursus auquel j’avais toujours aspiré, mais je m’en foutais. Tout ce que je voulais, c’était soulager les peines que j’avais aperçues dans l’entrebâillement des portes qui longeait le couloir de l’hôpital lorsque nous visitions maman. J’étais habité d’un désir nouveau, plus urgent et douloureux que mes rêves de gosse. Je voulais remettre ma vie en ordre, et j’ai fait exactement l’inverse.
    Les charges considérables de travail que j’abattais me donnaient la porte de sortie que ma lâcheté misérable avait secrètement espérée. Peu à peu, j’ai délaissé les visites, les limitant à une par semaine, puis lentement, encore moins. Je ne supportais plus de voir sa peau croupir et ses yeux se creuser, je n’en pouvais plus d’être là, impuissant, à serrer sa main qui perdait de sa force à vue d’œil.
    Abi, elle, était restée forte. Je me reposais peureusement sur elle et elle ne semblait pas m’en vouloir, venant parfois m’apporter un sandwich lorsque je m’arrachais les cheveux sur des tonnes de paperasse à une heure trop avancée de la nuit. Certes, je voyais sa fatigue, mais ma sœur avait toujours été plus robuste que je ne l’étais, non ?
    Elle avait l’air si forte, comment aurais-je pu savoir ?

    En vérité, j’aurais dû le savoir, mais j’avais simplement volontairement omis de voir le désarroi qu’elle avait caché derrière son sourire.


    Lorsque maman nous a quittés, définitivement, j’ai perdu mes moyens. Vraiment tous.
    J’aurais dû accourir à l’hôpital, me charger des papiers, prendre ma petite sœur dans mes bras et lui dire que tout irait bien. J’aurais dû être un homme, putain. Mais il a fallu que je me défile, encore une fois, devant mes responsabilités.
    Abi y est allée, elle. Lorsque l’hôpital a appelé, et qu’elle était celle qui tenait l’appareil, j’ai senti à son regard qu’elle aurait voulu que je sois plus fort, que je ne sois pas immobilisé par une peur viscérale. Mais elle savait que je n’aurais pas le courage de voir son corps inerte, allongé sur une table froide et aseptisée. Alors elle n’a rien dit. Elle m’a embrassé sur le front et, en silence, a pris ses affaires.
    Quand elle est partie, je n’ai même pas entendu la porte se refermer derrière elle, trop abasourdi par ma propre culpabilité de la laisser affronter cette épreuve seule.

    Ensuite, tout est allé très vite. Ma santé se dégradait et les problèmes respiratoires se multipliaient, mais ce n'était en rien comparable à la descente aux enfers que connaissait ma chère blonde. Elle passait chaque jour plus défoncée que la veille, lorsqu'au moins elle passait la nuit chez nous. Elle m'évitait, mais c'était à peu près aussi mon cas. Je ne l'ai même pas mise en garde, me contentant de lui servir des regards désapprobateurs auxquels elle répondait par son majeur tendu. Elle n'avait plus rien de la fillette rayonnante avec qui j'avais été si fusionnel, mais je me bornais à me convaincre que c'était la sa manière de gérer la perte de notre mère.


    Un soir, elle est rentrée plus endommagée qu'à l'accoutumée. Elle était plus bruyante, plus honnête. Lorsque je me suis avancé vers elle pour la faire asseoir, elle m'a repoussé avec une violence que je ne lui connaissais pas.

    « Ah, maintenant tu veux m'aider ? M’avait-elle craché avec une rancœur non dissimulée. Puis, elle s'était mise à rire, d'un rire sec et sans joie. Tu vois pas qu'on est foutus, qu'on deviendra jamais rien ? Merde Jac, t’es tellement aveugle. Tellement aveugle et égoïste. »

    Elle titubait, pointant un doigt sentencieux vers moi. Sa voix était pâteuse et ses yeux mis-clos, au point où, malgré les frissons qui m’avaient parcouru l’échine, je n’avais pas vu ses signaux. Je n’avais même pas remarqué que, sous l’effet d’une énième substance qu’elle avait ingéré, ma sœur venait de me prévenir de ce qui allait arriver, à peine heures jours plus tard.
    Cette nuit-là, je l’ai couchée, non sans mal, puis je me suis étendu sur le canapé où notre mère avait passé tant de temps. J'ai réfléchis, longtemps,le ton accusateur de ma soeur venant se percuter contre les parois de mon crâne, inlassablement. Ce n'est qu'après une poignée de somnifère avalés que j'ai pu trouver le sommeil.

    Mais le lendemain, il n’y avait plus de signes ni de reproches à ignorer. Il n’y avait que la vérité, tranchante et entière, et plus aucune issue possible. Je devais retirer les œillères que je m’étais posé depuis la mort de maman : Abi n’allait vraiment pas bien et je devais m’occuper d’elle.
    C’est quand je l’ai trouvée, étendue là, sur le carrelage de notre salle de bain, que j’ai compris. J’ai réalisé à quel point j’avais merdé. Elle n'avait pas laissé de lettre, il n'y avait qu'un “pardonne moi” griffonné désespéramment sur un morceau de papier qui gisait à ses pieds, juste à côté d'un flacon de médicaments vide.

    L'ambulance, le retour à l'hôpital, mes supplications, l'attente du verdict médecins. La peur de perdre la seule personne qui comptait pour moi. Dans mes souvenirs, tout ça se mélange pour ne former qu'une mêlasse encore douloureuse à avaler, comme si, même aujourd'hui, je ne pouvais me résoudre à imaginer ce qu'aurait été ma vie sans elle.



    Depuis ce jour, j’ai tenté de retrouver le sourire de ma petite sœur, sans jamais y parvenir. Elle avait beau m’assurer le contraire, je savais qu’elle m’en voulait. Profondément. Mais je ne pouvais pas la blâmer, alors je l’ai laissée me détester aussi longtemps qu'elle le voudrait.
    Après tout, le carnage de notre vie relevait entièrement de ma faute.

    Je suis resté avec elle chaque jour avec la volonté de reprendre ses peines sur mes épaules. Je ne comptais plus les heures passées à essayer de la faire rire, comme avant, tant je voulais effacer les cicatrices que le malheur avait laissé sur son doux visage.
    Même si celles-ci restaient indélébiles, les choses reprenaient doucement leur cours. Abi et moi apprenions à nous refaire dans cette vie toute neuve. Après l'obtention de mon diplôme, pourtant obtenu au prix de nombreux sacrifies, je n'avais pas la force d'exercer immédiatement le métier qui me faisait tant vibrer. Je devais d'abord me soigner - alors j'ai enchaîné les boulots merdiques, même si mon état ne me permettait pas de postuler pour des tâches éprouvantes, pour joindre les deux bouts.
    J'ai même découvert que mon physique si délicat pouvait s'avérer être une source de revenu inespérée lorsqu'un type m'a proposé d'être modèle photo. Sur le coup, je lui avait ri au nez. Puis après quelques essais, j'ai remarqué que mon regard froid et mes cotes seyantes plaisaient étrangement. Oh, le métier n'avait rien d'exaltant. Les photographes étaient envahissants, les propositions qu'on me faisait, toutes plus aberrantes les unes que les autres, mais il me fatiguait moins que des journées passées à veiller des malades. Je ne voyais que l'argent qui pourrait nous aider à nous reconstruire et qui commençait doucement à s’amasser, jusqu'à ce que mon corps endoloris m'arrête dans ma lancée. Mon état s’avérait inquiétant, la fièvre me gagnant anormalement, sans symptômes avant coureurs, tout comme mes pertes de connaissances, de plus en plus nombreuses. Certains jours, je tenais à peine debout.

    J'ai alors entendu parlé de Stonehaven et ses vertus. Bien que mon esprit scientifique m'avait crié d'éviter ce chemin méconnu, une pulsion étrangère dans mon cœur m'avait tenté, titillant mes sens, faisant vibrer mon âme. Je devais y aller. Je pouvais accorder à cet endroit le bénéfice du doute : si je n'allais pas mieux en m'installant là-bas, il aurait à m'offrir un air plus pur et des paysages plus sains que Denver.

    Malgré mes supplications, Abi avait tenu à décliner mon invitation de commencer une nouvelle vie dans cette ville du Nord de l'Ecosse. Elle avait "des choses à faire", avait-elle argué.
    Je lui devais cette liberté, mais à la condition de ne pas me laisser sans nouvelles. J'essayais d'être un frère -si ce n'est parfait- au moins correct. Elle devrait m'appeler au moins une fois par semaine, et m'informer de chacun de ses déplacements. Si elle était dans le besoin, elle me rejoignait immédiatement.
    En vérité, je ne voulais pas l'abandonner, et j'aurais voulu avoir le courage de la soutenir, mais je n'avais pas beaucoup changé. J'étais ce même sale type flippé qu'il y a des années. Je suis parti parce que je ne pouvais plus encaisser d'autres jours dans cet environnement si familier qui me rappelait chaque jour un peu plus de souvenirs chargés de souffrances. J'avais besoin d'air, au risque de fuir encore.

    Après avoir fait tant de dégâts autour de moi, je me devais de reconstruire les ruines de ma vie. Et pour ça, il fallait bien commencer quelque part. Ce quelque part, c'est ici


    Hors rp



    Derrière l'écran c'est raven (sburger lol) et c'est mon 1er compte sur Elemental Skin. J'ai trouvé le forum en fouinant (ma passion) dans les partenariats puis, bam, coup de foudre. Je suis déjà totalement love de l'idée en général, qu'est super recherchée, du graphisme... de tout en fait   ! Mais sinon, j'aime bien écrire en tout petit afin de vous faire passer un moment agréableUn max de plaisir sur cette fiche..  
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 06:54
    Elemental Skin ▬ Air
    Elemental Skin ▬ Air
    Messages : 59
    Particules : 80

    Fiche personnage
    Crédit avatar: Ellie - The Last of Us
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Employée dans une supérette et étudiante en philosophie
    Bienvenue à toi aussi, jumeau de postage de fiche :p

    Je dois dire que j'ai adoré lire le physique de ton personnage avec le jeu du miroir (JE VOYAIS LA FIN VENIR ET JE ME DISAIS QUE C'ÉTAIT TROP BIEN TROUVÉ)

    Hâte de la voir la suite ♡



    Fiche x Lien x #c78b33
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 07:03
    Elemental Sin ▬ Terre
    Elemental Sin ▬ Terre
    Messages : 114
    Particules : 49

    Fiche personnage
    Crédit avatar: TheMinttu
    Energie:
    100/100  (100/100)
    Emploi: Garde forestier
    J'avoue le physique est bien trouvé. J'aime beaucoup, alors hâte de lire la suite !! ♥️


    avatar
    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 07:41
    Perfect Skin ▬ Sans ascendant
    Perfect Skin ▬ Sans ascendant
    Messages : 370
    Particules : 133

    Fiche personnage
    Crédit avatar: Qinni
    Energie:
    85/100  (85/100)
    Emploi: Bénévole à la ferme Dunnottar
    C'EST OÙ QU'ON SIGNE ?
    Quoi y'a rien à signer ? /sbaff

    Bienvenuuuue encoore :D Je surkiffe ce début de fiche il va sans dire, tu illumines mon trajet journalier en train ~

    Allez allez on se dépêche de finir (enfin pas trop non plus sinon je vais être en retard de validation) =w=



    Pierre, ma Terre, ma terre, ma guerre .
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 07:43
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    Ptn j'avais pas vu le miroir venir je pensais qu'il avait une hallucination de lui même moi dsl :/// (non en vrai)
    En vrai je trouve que c'est super bien écrit, et très bien tourné pour le physique genre tu joues vraiment sur l'utilisation de la 1e personne je ??? Je suis conquise (par contre idk si je t'offre Krim à empailler)

    En tous cas, re-bienvenue sur ES, hâte de voir la suite ♥️
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 08:10
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    Omg il est infirmier. Krim viendra le voir à 4h du mat' tout cassé et ensanglanté après avoir tabassé des inconnus juste parce qu'ils existaient. Jacob va le réparer hein ? '^'

    Trop bien le truc du miroir même j'avais pas bien capté au début (bon il est tôt okééé ?) **
    Hâte de lire la suite !
    (Opale casse toi tu pollues les fiches. Je suis trop beau pour être empaillé. ♥️)


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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 09:50
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    MAIS KESSESSÉ QUE CES GENS QUI SE LEVENT SI TOT ERGG (comment ça "on est lundi"?gngng)
    vous êtes si mignons, vous voulez me faire pleurer cest mesquin.❤️

    merci les zamis, content que l'idée vous plaise eheheh - c'est en fait un aperçu de son esprit un peu bugé

    sorry Opa mais si Krim me fait les yeux doux avec ses mains pleines de sang je ne saurai résister c:


    ima bad bitchhh
    × écrit en slateblue
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 10:05
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    Oh, un elemental sin finalement :3
    Bienvenue à nouveau à toi, petit Jacob ! :)
    Si jamais tu as besoin, n'hésites pas ;)
    J'adooooore le début de ta fiche ;-;
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 16:59
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    Emploi: Barman
    encore un e.sin, je vous le dit, on va finir par dominer le monde
    bienvenue à toi ravensburger, c'est toi qui crées tous les jeux ??? jk, raven c'juste trop beau comme pseudo -oui oui, c'ton pseudo hrp mais je me devais de le dire-

    sinon ce début de fiche, j'aime beaucoup ! puis le mec à la fois infirmier et au bout du rouleau, j'adore !
    j'ai jamais fini uta no pri mais je trouve qu'ai a une bouille toute cute et colle parfaitement à ta description ! ** bref, hâte de voir la suite ~~~ courage pour le reste




    that's sound illegal

    i'm in
    delivered (c) p!a
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    Re: Your touch on my skin, burning — Jacob > le Lun 19 Mar 2018, 19:48
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    Emploi: Etudiante en langues
    Heureusement que Opale est dans la team des appelés damn calmez-vous avec vos persos compliqués xD
    Non sinon, BIENVENUE
    T'as un humour de merde, on va bien s'entendre ~

    Hâte de lire la suite de ta fiche c:


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